L'ONG des touaregs de la vallée de Tidène
Aman Iman (l'eau c'est la vie)

Crédits photos
Jean - Marc Durou
Pierre Mérat
Sylvie Chappaz

Le Sahara est le plus grand désert du monde. La planète y est dévoilée au ciel, mise à nue, exposée aux vents et aux brûlures du soleil. Le relief saharien n'est pas formé uniquement d'ergs, ces grands massifs dunaires légendaires.

Entre les vagues dorées d'un océan de sable le Sahara est composé de regs en plaines caillouteuses, rocheuses et granulées, de plateaux réguliers "les hamadas", de chotts ou sebhkas de cuvettes argileuses, de massifs montagneux et d'oasis.

Dunes au Nord Niger © GF

Dans toute cette aridité l'eau se cache, elle survient un court instant, disparaît, s'évapore, forme une petite mare temporaire une "guelta" dans un fond de vallée rocheuse ou s'infiltre et vient remplir les nappes souterraines.

En effet durant la courte saison des pluies de juillet, août, les eaux de surface ne sont pas beaucoup utilisées car chaque année leur importance est différente et toujours très éphémères et la végétation quasiment absente du sol saharien ne peut retenir le ruissellement naturel.

L'eau est donc très vite attirée au sous-sol.
Les habitants du désert doivent alors aller la chercher.

Tout comme l'acacia qui fait plonger ses racines à de grandes profondeurs les hommes ont appris à creuser la terre pour pouvoir survivre.

Puisage de l'eau © Pierre Merat

Les puits sont alors devenus des haltes, des passages obligés, des refuges, des oasis, des lieux de rencontres et de commerce. Ils ont façonné une carte du désert, ils ont créé de nouvelles constellations. C'est toute une culture qui s'est bâtie autour de ces points d'eau.

Le puits est l'escale, l'île verte de vie des nomades.
Les nomades comme les Touaregs, d'origine berbère, ou les Peuls s'y retrouvent. On y installe le campement pour quelques jours ou pour une saison, mais toujours un peu à l'écart afin que l'accès à l'eau soit encore disponible à tous.

Les caravanes peuvent ainsi y passer, faire boire les bêtes, et repartir.
Les puits sont aussi des centres pour les sédentaires, on fait tirer alors l'eau par traction animale, un chameau dressé tracte la corde du puits et fait monter l'eau par des va et viens successifs, et un système d'irrigation permet à quelques familles de planter des céréales, des oignons, des légumes verts, des aromates, des palmiers, ou des oranges.

Le seau plonge et replonge, il contient en général une quarantaine de litres, il se renverse, la vie émerge.
La multiplication des puits dans certaines vallées a permis de développer de véritables oasis où les jardins permettent de faire vivre toujours plus de monde.

 

Une femme arrive à dos d'âne, elle vient remplir l'outre qui pend sur le flanc de l'animal, des enfants l'accompagnent, les cheveux hirsutes.

On entend rire à travers le grondement des troupeaux.
La poulie "tarkakat" grince, siffle et fait raisonner son chant dans la gorge du puits.

Les hommes parlent fort, s'encouragent, tirent sur les cordes, la terre est humide et colle au pieds, les animaux s'attroupent autour des abreuvoirs dans un savant désordre. C'est un extraordinaire spectacle que celui qui se passe au puits.

Les troupeaux s'abreuvent ! © Pierre Merat
 

Chaque puits construit apporte un formidable élan au peuple touareg sédentaire ou nomade.

A ce jour ( Mars 2009) plus de 100 puits sont réalisés dont 80 dans la vallée de Tidène.

Une vingtaine de puits sont en phase de finalisation dans la région de Tiguidit et 400 demandes sont validées par les chefs de groupement dans un rayon de 100km au nord et au sud d'Agadez.

Carte des puits (Mars 2009).

Carte des puits en 2009